17 octobre 2007
Vale un Potosi !!!
A Potosi nous avons consacré notre derniere journée en compagnie de Sam à la visite des mines.
De bon matin on nous equipe comme de "vrais" mineurs, des bottes au casque. Ensuite direction le marché des mineurs ou l'on achete des feuilles de coca, de la dynamite et des boissons. Arrive au Cerro Rico, l'entree de la mine est impressionante, tout est noir.
Accompagnés de nos 2 guides on pénètre dans le tunnel et deja il faut se mettre sur le cote pour laisser passer des mineurs qui poussent un wagonnet rempli de minerai. On extrait ici de l´argent, de l´étain et du plomb.
On est excité et curieux mais pas trés rassuré... On avance, il fait de plus en plus chaud. On rampe, on se glisse dans des trous avec "tobogans" et échelles... On rencontre quelques groupes de mineurs, souvent trés jeunes, on échange avec eux et on leur offre des feuilles de coca, de la dynamite et des sodas.
Les conditions de travail sont terrifiantes et n´ont guère évolué depuis 400 ans. Les mineurs passent plus de 10 heures sous terre sans manger ni boire. Ils tiennent grace à la feuille de coca qu´ils mastiquent toute la journée. Ils travaillent à la pelle et à la pioche et remontent le minerai à la force des bras... Au bout de 2 heures on est content de se diriger vers la sortie, on a de plus en plus de mal a respirer a cause de la chaleur et de la poussière.
On est choqué par la dureté et la pénibilité de leur travail. Comment font ils pour tenir ? On sent cependant une certaine fierté de leur part.
Depuis 2 ans grace a l'augmentation des cours du minerai l'activité a bien repris et un mineur peut espérer gagner 2000 bolivianos (200E) par mois alors qu'un instituteur en gagne la moitié. Au bout de 15 à 20 ans de travail ils sont souvent obligés d'arréter atteints de silicose ; l´issue est fatale...
Le Cerro Rico est exploité depuis l'époque coloniale et a grandement participé a la richesse de l'Espagne et de l'Europe. La loi de la "Mita" obligeait les esclaves de plus de 18 ans à travailler par roulement de 12 h, 4 mois durant, sans sortir...
Ca a été un moment fort. On a pris conscience de ce qu' était le travail de mineur et on a souvent pensé au grand père de Virginie qui a passé de nombreuses années à la mine de La Mure.
Le soir Sam a repris un bus direction La Paz. On a fait ensemble un bon bout de route ; il s'est acclimaté comme un lama !
Nous on est resté quelques jours de plus à Potosi. On était hébergé dans une casa de ciclista, chez Florencio et sa famille. Ils tiennent une boulangerie qui les occupe du matin au soir sans relache. On a partagé nos diners et notamment de bonnes pizzas que l'on a faites cuire dans le four à pain.
La reprise du vélo a été dure... Des la sortie de Potosi on quitte l'asphalte pour une piste de sable. Apres Paris-Roubaix c'est notre Paris-Dakar. On a 215 km pour atteindre Uyuni... Nini n'est pas en grande forme et on hésite à faire du stop. On se motive comme on peut et on fait quand mème 50 km. Demain ca ira mieux...
On met 4 jours pour arriver à Uyuni. On a traversé des paysages superbes et sauvages. On a battu notre record de journée marathon : une étape de 11h dont prés de 8 sur la selle !
Uyuni est une ville perdu au milieu de nulle part mais semble-t-il un passage incontournable des cyclistes... Peu après notre arrivée on rencontre 8 autres cyclovoyageurs !
Le lendemain on part avec Nicole et Nicolas, un couple suisse, à la découverte du salar à vélo... Aprés 30 km on arrive en bordure de cette immensité blanche de 12 000 km2, on est comme des fous ! On a l´impression d´etre sur la neige mais c´est du sel !
C´est un moment tellement révé depuis le début de notre projet. Ca roule trés bien, on fait 30 km de plus et on pose les tentes... la classe ! C´est tout blanc à perte de vue... On se fait un bon repas, cacahuètes, purée et vino ! Au réveil, Nini a un beau cadeau d´anniversaire... le levé de soleil...
Aprés le petit dèj, on quitte nos amis suisses un peu à contre coeur. Ils partent pour la traversée du Sud Lipez, une route que l´on avait exclue à cause de sa difficulté. Mais ce matin on voudrait tenter l´aventure... Ca fait tellement envie... Nous n´avons que 2 boites de sardines, 500 g de riz et un réchaud qui nous a laché... Enfin, on n´est pas prèt... On fait donc demi tour, comme prévu et nous rentrons à Uyuni, vent dans le dos.
Le lendemain on part pour 3 jours en 4*4 dans le Sud Lipez. On partage la voiture avec deux danoises et un couple d´anglais... leur première question : "DO YOU LIKE RUGBY?!"... Ils ne fanfarronnent pas trop et on sympathise... lui aussi voyage avec sa canne à peche !!
Pendant ces 3 jours on découvre des paysages "encore" merveilleux. C´est une région désertique, volcanique et trés riche en minerai, ce qui donne de belles couleurs aux roches. On s´émerveille devant d´étonnantes lagunes de différentes couleurs peuplées de flamants roses...
On est de nouveau à Uyuni et on se prépare pour demain. Direction Tupiza. Ca ne devrait pas etre facile non plus. La dernière fois que l´on était sur les vélos, on s´était dit qu´on le ferait en bus !! A ver... !
Dans 200 km Tupiza, dans 300 km un bon steak argentin et dans 700 km les retrouvailles avec Serge, le papa de Virginie et Richard, son ami.
Hasta luego !


















